Né à Saint-Malo le 4 septembre 1768, François-René de Chateaubriand est le père du romantisme français. Écrivain, diplomate, pair de France, il a façonné la prose moderne et donné à la langue française ses plus belles pages. Il est le fils le plus illustre que Saint-Malo n'ait jamais enfanté — et pourtant, aucune statue digne de ce nom ne le représente au cœur de sa ville natale.
La statue le représente debout, tourné vers son tombeau sur le rocher du Grand Bé — le regard mélancolique baissé vers le sol, celui du voyageur, du rêveur, du tourmenté. Un long manteau au vent l'enveloppe ; la plume est dissimulée dans la main droite. Il s'appuie sur une colonne corinthienne, symbole de son rôle fondateur dans le romantisme français et écho de son voyage en Grèce narré dans l'Itinéraire de Paris à Jérusalem. À ses pieds, cinq plantes rendent hommage à Malesherbes, botaniste, ami et mentor. Un aigle le contemple depuis le bas du socle — figure de sa rivalité avec l'Empereur des Français. L'Enchanteur de Saint-Malo porte la tenue de pair de France. Un bronze monumental de 3 mètres, sur un socle de granit de Languédias de 3 mètres également, coulé dans une fonderie d'art française et taillé à Saint-Malo.
Deux emplacements ont été soumis à la Mairie : le Bastion de la Reine, face au Grand Bé où repose Chateaubriand, lieu de mémoire directe ; et le Bastion de Hollande, côté nord-ouest, l'un des bastions les plus fréquentés du parcours des remparts.
Chaque emplacement requiert l'avis conforme de l'Architecte des Bâtiments de France, et l'aval du Conseil municipal.
Le Bastion Saint-Louis, bien que stratégiquement situé au cœur de la cité, est d'emblée écarté de la réflexion : le Cénacle des Lys y destine l'érection d'une statue dédiée à René Duguay-Trouin, le plus illustre des corsaires malouins — un second projet de l'association, mené en parallèle, et qui mérite lui aussi son écrin.
L'emplacement qui s'impose avec le plus d'évidence est le Bastion de la Reine. Aujourd'hui délaissé, flanqué d'un parking, et ignoré de la grande majorité des visiteurs qui empruntent pourtant les remparts, ce bastion recèle une singularité mémorielle que nul autre site ne peut offrir : il fait face, directement, au rocher du Grand Bé — le tombeau de Chateaubriand, où l'écrivain repose selon sa volonté expresse, tourné vers la mer. Y dresser sa statue ne serait pas un simple acte d'embellissement urbain : ce serait rendre enfin sa dignité à un lieu oublié, et instaurer pour les siècles à venir un dialogue permanent et silencieux entre l'homme et son repos éternel, entre l'œuvre et la mer qu'il aima jusqu'à son dernier souffle.
Situé sur le rempart est de l'intra-muros, le Bastion de la Reine offre une vue directe sur le Grand Bé — l'îlot où Chateaubriand est inhumé selon sa volonté expresse. Lieu de mémoire chargé, peu fréquenté mais d'une singularité poignante, il établirait un dialogue silencieux entre la statue et le tombeau de l'écrivain. Emplacement prioritaire dans la proposition faite à la Mairie de Saint-Malo.
Sur le rempart nord-ouest de l'intra-muros, le Bastion de Hollande est l'un des points les plus fréquentés du parcours des remparts. Sa position panoramique offrirait à la statue une visibilité maximale et une mise en scène maritime conforme à l'esprit de l'œuvre de Chateaubriand.
Chateaubriand est l'auteur des Mémoires d'Outre-Tombe, monument de la littérature française rédigé sur vingt ans et publié à titre posthume. Son style — la période ample, la mélancolie du moi, la nature comme miroir de l'âme — a influencé Lamartine, Hugo, Vigny et toute une génération de poètes et romanciers.
Atala (1801) et René (1802) imposent la figure du héros romantique, étranger au monde, hanté par un idéal inaccessible. Ces œuvres fondatrices ont traversé deux siècles sans vieillir.
Ambassadeur à Rome, à Londres, à Berlin, Chateaubriand fut l'un des premiers à défendre une politique étrangère fondée sur des principes moraux plutôt que sur le seul intérêt national. Sa démission du portefeuille des Affaires étrangères en 1824 pour protester contre la politique de Charles X reste un acte d'intégrité rare.
Chateaubriand n'a jamais renié ses origines bretonnes. Les falaises de Saint-Malo, le vent du large, le Grand Bé où il voulut être enterré seul face à la mer : tout cela compose une géographie intime qui traverse toute son œuvre. La ville n'a pas encore honoré cet enfant comme il le mérite.
Les grandes œuvres de Chateaubriand, père du romantisme français
Son œuvre maîtresse — celle qui l'impose, du jour au lendemain, au premier rang des lettres françaises. Publié en 1802, au lendemain du Concordat, ce vaste plaidoyer pour la foi catholique réconcilie la littérature et la religion après les ravages de la Révolution. Son lyrisme flamboyant, sa prose somptueuse et les récits qu'il enchâsse — Atala, René — font de Chateaubriand l'écrivain le plus célèbre d'Europe. Non pas un livre romantique à proprement parler : un livre qui rend la beauté à la foi, et ouvre la voie à toute une génération.
Le récit du périple accompli entre 1806 et 1807 à travers la Grèce, la Palestine, l'Égypte, la Tunisie et l'Espagne, et publié en 1811. Chateaubriand y forge le mythe du voyage romantique comme quête intérieure. Un texte fondateur de la littérature de voyage moderne.
Une vaste synthèse de l'histoire de la civilisation occidentale depuis les origines jusqu'à l'époque moderne. Chateaubriand y affirme sa vision du temps long, de la permanence des grandes forces spirituelles face aux révolutions politiques.
L'autobiographie en douze livres rédigée sur quarante ans, de 1809 à sa mort, et publiée selon sa volonté après son décès. Testament littéraire d'une vie traversée par deux révolutions, un empire et trois monarchies, les Mémoires sont considérés comme l'un des sommets de la prose française — une méditation sur le temps, la gloire et la mort que lui-même voulut rendre publique depuis l'au-delà, comme un dernier dialogue avec la postérité.
Rendus 3D à intégrer — les fichiers seront liés à la livraison du modèle final
État d'avancement — Calendrier prévisionnel : 6 à 9 mois entre lancement et inauguration
Budget prévisionnel : 195 000 – 215 000 € — Financement participatif et mécénat
Né à Saint-Malo le 4 septembre 1768, François-René de Chateaubriand est le père du romantisme français. Écrivain, diplomate, pair de France, il a façonné la prose moderne et donné à la langue française ses plus belles pages. Il est le fils le plus illustre que Saint-Malo n'ait jamais enfanté — et pourtant, aucune statue digne de ce nom ne le représente au cœur de sa ville natale.
La statue le représente debout, tourné vers son tombeau sur le rocher du Grand Bé — le regard mélancolique baissé vers le sol, celui du voyageur, du rêveur, du tourmenté. Un long manteau au vent l'enveloppe ; la plume est dissimulée dans la main droite. Il s'appuie sur une colonne corinthienne, symbole de son rôle fondateur dans le romantisme français et écho de son voyage en Grèce narré dans l'Itinéraire de Paris à Jérusalem. À ses pieds, cinq plantes rendent hommage à Malesherbes, botaniste, ami et mentor. Un aigle le contemple depuis le bas du socle — figure de sa rivalité avec l'Empereur des Français. L'Enchanteur de Saint-Malo porte la tenue de pair de France. Un bronze monumental de 3 mètres, sur un socle de granit de Languédias de 3 mètres également, coulé dans une fonderie d'art française et taillé à Saint-Malo.
Saint-Malo est la ville natale de Chateaubriand, et pourtant elle n'a jamais su lui rendre l'hommage monumental qu'il mérite. La cité corsaire attire chaque année des centaines de milliers de visiteurs sensibles à son identité forte, maritime et historique. Le Bastion de la Reine, face au Grand Bé où l'écrivain est inhumé selon ses vœux, offre un écrin unique — visible de la mer, ancré dans la pierre et l'histoire de France.